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JEAN ROUCH (1917-2004)

Un travail biographique est une entreprise périlleuse pour celui qui s’y engage. D’une part, parce qu’il a conscience de ne pouvoir aborder tous les aspects d’une vie des plus riches, sous le double plan scientifique et cinématographique ; ni de répondre, par conséquent, à toutes les questions que serait amené à se poser un éventuel lecteur, tant il est vrai qu’un tel travail ne saurait jamais prétendre à l’exhaustivité. D’autre part, et c’est ici, comme souvent, le cas, les sources ne sont pas toutes de même qualité et se révèlent à de nombreuses reprises contradictoires. Néanmoins, en procédant par recoupements, et pour avoir complété la démarche par des entretiens avec Jean Rouch, menés pour la plupart dans son café préféré à Paris, Le Bullier (1991-1996) et au Comité du film ethnographique (1999-2000), les obstacles pour retracer son parcours se sont amenuisés. Aussi, plutôt qu’une biographie stricto sensu, proposons-nous une esquisse composée d’éléments biographiques indispensables, désormais à la disposition de ceux qui s’y intéresseront.
Sont associées à ce travail, une bibliographie des ouvrages et des principaux articles que Jean Rouch a consacré à l’ethnologie et au cinéma, ainsi qu’une filmographie des œuvres projetables. Ces éléments supplémentaires offrent au lecteur un champ d’investigation plus large et mettent en relief les différents sujets abordés par le travail de l’ethnologue et du cinéaste.
Biographie, filmographie et bibliographie ont été établies à partir de documents divers dont les principaux sont :
Titres et travaux scientifiques, document dactylographié, rédigé par J. Rouch en 1966, 19 p. ;
Jean Rouch, plaquette réalisée par le département audiovisuel du ministère des Affaires étrangères, éditions du ministère des Affaires étrangères, Cellule d’animation culturelle, Paris, 1981, 68 p. ;
Jean Rouch, un griot gaulois, textes réunis par René Prédal, CinémAction, n°17, Paris, 1982 (ouvrage réédité avec des contributions nouvelles et remis à jour en 1997 sous le titre Jean Rouch ou le ciné-plaisir, CinémAction, n°81), 240 p. ;
Nicole Échard,  À voix nue : dix entretiens avec Jean Rouch, France Culture, 18 – 29 juillet 1988 ;
Jean Rouch et le renard pâle, catalogue de la rétrospective de Turin sous la direction de Sergio Toffetti, éditions du Centre culturel français de Turin/Cinémathèque de Turin, 1992, 184 p. ;
Paul Stoller, The cinematic griot. The ethnography of Jean Rouch, Chicago & London, The Universty of Chicago Press, 1992, 248 p. ;
Jean Rouch, catalogue de la rétrospective organisée à la Galerie nationale du Jeu de Paume en 1996, 35 p. ;
Marie-Isabelle Merles Des Isles, Destins d’explorateurs de l’Antartique à l’Asie centrale 1908-1950, éditions La Martinière, Paris, 2005, 150 p.
Alice Gallois, Rencontre entre cinéma et sciences de l’homme, « l’itinéraire d’un « homme à la caméra » : Jean Rouch (1917-2004), Mémoire de Master I d’histoire, Université de Toulouse-Le Mirail, UFR d’histoire, histoire de l’art et d’archéologie, juin 2006, 180 p.
Nous tenons à remercier vivement et amicalement Françoise Foucault du Comité du film ethnographique, pour la mise à disposition d’une importante documentation sur Jean Rouch et sans qui ce travail n’aurait pu voir le jour. Pour finir, un grand merci à Philippe Lourdoux et Marc Piault pour avoir relu ce travail et qui d’un œil expert ont corrigé les imperfections ou erreurs disséminées dans cette ébauche biographique.

Laurent Pellé, Comité du film ethnographique.

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1917  
Le 31 mai, naissance à Paris de Jean Rouch, au 14 rue Sarrette, à côté du parc Montsouris, deuxième enfant de Jules (1884-1973) et Luce Rouch. Son père dirige, durant la première guerre mondiale, le Service Météorologique aux Armées. Très rapidement, pour échapper aux bombardements allemands sur la capitale, la mère et ses deux enfants s’installent à Marcilly, non loin de Dreux, dans la maison familiale.

1919-1933
L’enfance et l’adolescence de Jean Rouch se déroulent, selon les nombreuses affectations de son père, entre le port de Rochefort et le Maroc. Jules Rouch est nommé, de 1919 à 1922, professeur de Météorologie à l’École d’Aérostation de Rochefort. Les souvenirs de ces années sont confus, mais l’enfant conserve dans sa mémoire l’image de l’écrivain-voyageur Pierre Loti.
De 1922 à 1925, la famille part pour Brest, où le père a été promu commandant de La Vaillante et de la 2e Escadrille de dragage. La famille côtoie à cette époque le commandant Charcot, avec lequel Jules Rouch était parti en Antarctique de 1908 à 1910 à bord du Pourquoi-Pas. À sept ans, Jean Rouch découvre le cinéma rue de Siam, il voit en 1922 Nanook of the North de Robert Flaherty (1921-22). C’est son tout premier contact avec le cinéma et, plus tard, il ne sera pas loin d’y voir un signe du destin. Il voit ensuite Robin Wood d’Allan Dawn et Douglas Fairbanks (1922). Il entre au Lycée Montaigne à Paris, avant de rejoindre Alger de 1926 à 1928, son père venant d’être promu capitaine de frégate et chef d’état-major de l'Amiral commandant la Marine en Algérie. Jean Rouch en compagnie de son père voit « tous » les Charlie Chaplin et « tous » les Harold Lloyd » ainsi que le Napoléon d’Abel Gance. De nouveau la famille Rouch déménage, pour Mayence en Allemagne, où Jules Rouch assure de 1929 à 1930 le commandement de la Flottille du Rhin. Le jeune adolescent assiste dans cette ville à la montée du nazisme.
De 1930 à 1932, nouveau départ pour  l'Afrique du Nord où Jules Rouch se voit confier le commandement de la Marine au Maroc ; ils s’installent à Casablanca. Jean Rouch y fait sa 3e et sa seconde (Humanités) au Lycée Lyautey. Il se découvre une fascination pour Arthur Rimbaud et la versification latine.
Après sa seconde, Jean Rouch regagne Paris durant l’été de 1932 et rentre au Lycée Saint-Louis en première (en classe de Rhétorique). Puis, son père est envoyé, seul, comme attaché naval dans les Balkans.
1934
Jean Rouch rencontre pour la première fois l’ethnographie et le surréalisme dans la vitrine d’une librairie du boulevard Montparnasse, qui présentait des photographies de masques Dogon rapportées par l’expédition Dakar-Djibouti dirigée par Marcel Griaule et une reproduction du tableau de Giorgio de Chirico Les mannequins de la tour rose.
Après avoir obtenu le baccalauréat, il voyage en Orient-express jusqu’à Venise et rejoint avec son père Athènes, puis Istanbul ; il effectue le retour en hydravion par Corfou, Naples et Marseille. Lors d’une exposition où il présente l’une de ses gouaches, technique qu’il pratique comme l’ensemble des membres de sa famille, il fait la rencontre de Salvador Dali. À cette période, Rouch s’intéresse à l’anarchisme en prenant conscience des « désillusions en gestation ». Il lit l’œuvre d’André Breton dont Nadja (1928) ainsi que Le Paysan de Paris (1928) d’Aragon.
1935-1939
Il passe deux années en classe préparatoire (mathélem) au Lycée Saint-Louis avant d’être reçu à l’École des Ponts et Chaussées. Après une première année (1938), il devient stagiaire sur le chantier de la construction du pont de Saint-Cloud et se rend en Syrie.
Au début de la troisième année, après un mois de cours, il est mobilisé à l’École Militaire du Génie à Versailles qu’il quitte pour un court séjour dans la Marine à Toulon.

1940-1941
Durant l’offensive allemande de mai 1940, Jean Rouch est envoyé sur le front pour retenir la progression des troupes de la Wehrmacht à l’est de Paris. En juin et juillet, il se replie sur la région de Limoges, et, en août, il est à Marseille. À cette date, il est démobilisé. Il regagne Paris pour achever sa troisième et dernière année des Ponts. Le 11 novembre, il participe à la manifestation gaulliste des Champs-Elysées.
Aux vacances de Pâques, en 1941, avec deux de ses amis, Pierre Ponty et Jean Sauvy, il part en Bretagne « pour nager ». À la fin du printemps, ils prennent la décision de quitter la France, tout en prenant garde à ne pas attirer des représailles sur leurs familles respectives : ils vont s’engager comme ingénieurs des Travaux publics des Colonies. En juin, Rouch passe son diplôme d’ingénieur civil des Ponts et Chaussées et suit en même temps ses premiers cours d’ethnographie au musée de l’Homme avec pour professeurs Marcel Griaule et Michel Leiris.
Au cœur de l’automne, ils s’embarquent sur La Providence pour Dakar. J. Rouch est affecté à Niamey où il arrive en novembre pour y construire les routes de « l’Empire colonial français ». P. Ponty est resté à Dakar, tandis que J. Sauvy est envoyé en Guinée. Très rapidement, il fait la connaissance de celui qui allait devenir son meilleur ami au Niger, le pêcheur Sorko Damouré Zika.

1942-1945
Jean Rouch partage son temps entre la construction des routes qui relient Niamey à Gao et de Niamey à Ouagadougou. Un jour, il est appelé en urgence sur cette dernière pour assister, fasciné, à son premier rituel Songhay, un yenendi : dix de ses manœuvres ont été foudroyés par le génie du tonnerre Dongo. C’est à ce moment qu’il rencontre la vieille sorko Kalia, grand-mère de Damouré Zika, qui deviendra la principale informatrice de ses futures enquêtes. Un peu plus tard, il est présent au rituel organisé pour un noyé. Il envoie à Marcel Griaule et Germaine Dieterlen un rapport accompagné de photographies. Suite à ses deux expériences, il conçoit l’utilisation du cinéma comme un outil indispensable pour l’ethnographie, car il prend vite conscience que la photographie, qu’il a toujours beaucoup pratiquée, ne peut, à elle seule, rendre véritablement compte des cérémonies auxquelles il assistait.
Un peu avant la fin de cette année, pour des raisons mal connues il est expulsé par le gouverneur du Territoire du Niger. À Bamako, il retrouve ses deux compères et ils se promettent qu’une fois la guerre terminée, ils descendront le fleuve Niger depuis sa source jusqu’à son embouchure.
Arrivé à Dakar, pendant l’automne 1942, Rouch rencontre le professeur Théodore Monod, et travaille à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN, qui deviendra au moment des indépendances l’Institut fondamental d’Afrique noire avant d'éclater en plusieurs instituts de recherche nationaux. Le centre du Sénégal gardera ce nom). À la bibliothèque de l’Institut il met en ordre ses fiches de terrain « en profitant des loisirs de la vie militaire ».
En février 1943, il s’engage dans une unité du Génie et participe aux manœuvres militaires avec les américains à Saint-Louis du Sénégal. Il rédige son premier article ethnographique, « Aperçu sur l’animisme Songhay », qui sera publié la même année dans Notes africaines. À cette occasion, une exposition présente les objets rituels songhay qu’il a rapporté du Niger.
Il quitte Dakar à la fin de l’année à bord d’un navire militaire qui le mènera à Casablanca au Maroc. Peu après, il participe au second débarquement franco-américain en Provence, le 15 août 1944, et remonte la vallée du Rhône comme adjoint au commandement de la section de reconnaissance du génie de la 1re Division Blindée. Au début de l’automne, il atteint les Vosges, puis l’Alsace par Mulhouse. Pour la fin de l’année, il obtient une permission qui lui permet d’aller à Paris revoir sa famille, mais également Marcel Griaule au musée de l’Homme.
Il se trouve à Ulm quand l’armistice est signée, et part pour effectuer une reconnaissance sur Berlin. C’est dans cette ville qu’il écrit un poème que Jean Cocteau fait publier dans la revue Fontaine ; ce texte aurait dû être la trame de son premier film, mais il le réalisera seulement quarante-deux ans plus tard, Couleur du temps, Berlin août 1945.
Jean Rouch est démobilisé en septembre avec le grade de capitaine de réserve du Génie. Sans perdre de temps, il rejoint le musée de l’Homme où l’atmosphère est lourde de sous-entendus dus aux rumeurs et aux accusations d’après-guerre. De nouveau, il suit les cours de Marcel Griaule, qui le décide à rédiger une thèse sur le génie de l’eau chez les Songhay du Niger, et s’inscrit à la Sorbonne. Il retrouve Pierre Ponty et Jean Sauvy. Tout en organisant ensemble les préparatifs de la descente du fleuve Niger, ils créent le personnage imaginaire du journaliste Jean-Pierre Jean pour travailler à l’Agence France Presse, comme pigistes, afin de financer en partie leur expédition, et ils associent leur mission avec celles du jeune groupe Liotard créé par le « Club des explorateurs ».
Publications :
1943 :
a. « Aperçu sur l’animisme Songhay », Notes Africaines, n° 39, Dakar, IFAN, pp. 4-8 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
1946-1947
A la fin de l’année universitaire, Jean Rouch est licencié ès lettres et quitte la France au début du mois de juillet  pour le Niger avec Pierre Ponty et Jean Sauvy. Ils profitent du vol d'un avion Junker mis à la disposition de la mission Ogooué-Congo, dont l’embarquement et le décollage apparaissent dans le film de Jacques Becker Les rendez-vous de juillet (1946). A Niamey, Rouch retrouve Damouré Zika et les trois explorateurs gagnent les sources du Niger à la frontière entre la Guinée, la Sierra Leone et le Mali. Débute alors la descente de 4200 kilomètres en radeau, puis en pirogue. L’expédition dure neuf longs mois. Jean Rouch en rapporte les images de ce qui sera son premier film (Au pays des mages noirs). La mission s’achève en avril 1947, mais entre-temps des enquêtes sont menées sur les populations de pêcheurs Sorko ainsi que sur les Songhay et leurs cultes du génie de l’eau. Il rapporte au musée de l’Homme la première collection d’objets rituels songhay. En fin de cette même année, il organise une présentation des premières images qui composeront Au pays des mages noirs devant les ethnologues Claude Lévi-Strauss, André Leroi-Gourhan, Marcel Griaule et Michel Leiris. Une seconde projection se déroule au caveau de jazz Le Lorientais où joue Claude Luther.
Il participe au premier Congrès international du film d’ethnologie et de géographie humaine organisé par André Leroi-Gourhan à Paris .
Film(s) :
Au pays des mages noirs (qui sera le complément de programme en 1949 de Stromboli de Roberto Rossellini).
Publications :
1945 :
a. « Cultes des génies chez les Songhay », Journal de la Société des Africanistes, vol. XV, n° 15, Paris, pp. 15-32 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
1947 :
a. « Les pierres chantantes d’Ayorou », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 4-6.
b. « Pierres taillées de grosses dimensions en pays Kouranko », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 7-8.
c. Le petit Dan, en collaboration avec Jean Sauvy et Pierre Ponty, Paris, éditions AMG, 144 p.
1948-1949
En 1948, Jean Rouch est chargé de cours sur la religion Songhay au CHEAAM (Centre des Hautes Etudes sur l'Afrique et l'Asie Modernes) et entre au CNRS comme attaché de recherches et dispense un enseignement ethnographique au musée de l’Homme. Ces deux activités d’enseignement seront poursuivies jusqu’en 1952. Il effectue une nouvelle mission en voiture et à cheval, de septembre 1948 à mars 1949, en pays songhay (Anzourou, Goruol, Téra et liaison à cheval Dori-Hombori), et poursuit ses enquêtes sur la religion et la magie songhay.
Film(s) :
Initiation à la danse des possédés (Niger), qui reçoit le Grand Prix du Premier Festival International du Film Maudit, présidé par J. Cocteau ; Les magiciens de Wanzerbé (Niger) ; Circoncision (Niger).
Publications :
1948 :
a. « Banghawi, chasse à l’hippopotame au harpon par les pêcheurs Sorko du Moyen-Niger », Bulletin de l’IFAN, vol. X, Dakar, pp. 361-377 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
b. « Vers une littérature africaine », Présence africaine, n° 6, Paris, pp. 144-146.
1949 :
a. « Les gravures rupestres de Kourki », Bulletin IFAN, n° ?, Dakar, pp. 340-353.
b. « “Surf riding” en Côte d’Afrique », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 50-52.
c. « Chevauchée des génies, cultes de possession au Niger », Plaisir de France, Paris, 7 p.
d. « Les rapides de Boussa », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 89-98.
e. « La mort de Mungo Park », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 121-124.

1950-1951
Mission en compagnie de Roger Rosfelder, de juillet 1950 à mai 1951, depuis le Mali jusqu’en Gold Coast (actuel Ghana), en passant par le Niger, accompagnés de Damouré Zika et de Lam Ibrahima Dia. Ils retrouvent l’équipe de M. Griaule et G. Dieterlen chez les Dogon de la falaise de Bandiagara et Jean Rouch réalise, assisté par R. Rosfelder, son premier film en couleur, tourné avec du son réel, Cimetière dans la falaise (sorti en 1951). En pays songhay, dans la région d’Ayorou, à la frontière du Niger et du Mali actuel, l’ethnographe poursuit des études sur les rituels agraires et ses enquêtes sur la religion Songhay. Le séjour se poursuit en Gold Coast où il effectue une mission de reconnaissance pour ses futurs travaux sur les migrations nigériennes.
Il achève ses thèses principales et secondaires, Religion et magie Songhay et Histoire des Songhay, en assurant au musée de l’Homme un enseignement sur le film ethnographique. Il est invité à l’Université de Cambridge puis celle de Manchester pour y dispenser, pendant trois années de suite, un cours sur les Songhay.
Film(s) :
1950 : Cimetière dans la falaise (Mali).
1951 : Bataille sur le grand fleuve (Niger) ;  Yenendi, les hommes qui font la pluie (Niger) ; Les gens du mil (Niger).
Publications :
1950 :
a. « Hypothèse sur la mort de Mungo Park », Notes Africaines, n° 45, Dakar, IFAN, pp.15-20.
b. « La danse : “Le monde noir”», Présence africaine, n° 8, Paris, pp. 219-226.
c. « Les Sorkawa, pêcheurs itinérants du moyen Niger », Africa, vol. XX, n° 1, Londres, pp. 5-25 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
d. « Les magiciens de Wanzerbé », Caliban, Paris, pp. 1-7.
e. « Toponymie légendaire du "W" du Niger », Notes Africaines, Dakar, IFAN, pp. 50-52 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
f. « Une chanson de Faran Maka (Niger) »,Chants du Dahomey & du Niger, Paris, Collection Voix de la terre XXIII, GLM, 1950, pp. 21-29.
g. « La danse : Le monde noir », Présence africaine, n°8, 1950, pp.219-226.
1951 :
a. « Les pêcheurs du Niger : techniques de pêche, organisation économique et problèmes des migrations », Bulletin de l’IFAN, Dakar, pp. 17-20 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).

1952-1953
Jean Rouch passe, en février 1952, son doctorat d’État ès lettres et obtient la mention très honorable à l’unanimité. À la fin de ce même mois, il se marie avec Jane George, une jeune journaliste d’origine américaine. Il participe au Congrès international des sciences anthropologiques et ethnologiques de Vienne (Autriche) et se rend ensuite à Amsterdam pour suivre les travaux de la Fédération internationale des archives du film. Il est nommé, en 1953, chargé de recherches au CNRS. Il fonde le Comité du film ethnographique (CFE) avec Enrico Fulchignoni, Marcel Griaule, André Leroi-Gourhan, Henry Langlois et Claude Lévi-Strauss. Il devient le secrétaire général du CFE. Il se rend à Venise à la Semaine ethnographique du festival du film. En octobre, il traverse en voiture le Sahara, en compagnie de sa femme Jane.
Film(s) :
1953 : Les fils de l’eau (Niger), long métrage réunissant des images des films suivants :Yenendi les hommes qui font la pluie, Circoncision, L’enterrement, Bataille sur le grand fleuve, Culture du mil (sortie en novembre 1958).
Publications :
1952 :
a. « Cinéma d’exploration et ethnographie », Les Beaux Arts, Bruxelles, pp. 1-7.
b. « L’âme noire », Ode, Paris, pp. 69-91.
1953 :
a. « Contribution à l’histoire des Songhay », Mémoires de IFAN, n° 29, IIe partie, Dakar-IFAN, pp.137-259.
b. « Rites de pluie chez les Songhay », Bulletin de l’IFAN, tome XV, Dakar, pp.1655-1689 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
c. « Renaissance du film ethnographique », Le cinéma éducatif et culturel, n°5, Rome, pp. 23-25.
1954-1955
En Gold Coast (Ghana), l’ethnographe reprend ses études sur les migrations des Nigériens, puis les étend aux populations maliennes et voltaïques. Il poursuit ses enquêtes sur l'organisation sociale songhay au Niger. En 1955, il organise au musée de l’Homme la première semaine du film ethnographique dans le cadre de la Biennale de la photo et du cinéma. Il se rend, en fin d’année, à Bukavu, au Rwanda, pour participer à la Conférence CCTA/CSA sur la recherche scientifique en Afrique et il rejoint Tanger pour le Colloque UNESCO sur le cinéma et la télévision.
Film(s) :
Maîtres fous (Ghana), Grand Prix de la Biennale internationale du cinéma de Venise en 1957 ; Jaguar (Niger et Ghana) le premier long métrage de J. Rouch sorti en 1967 ; Mammy water (Ghana).
Publications :
1954 :
a. Les Songhay, Paris, P.U.F., 100 p.
b. Le Niger en pirogue, avec l’aide de Geneviève Rouch, Paris, Nathan, 88 p.
c. Notes sur les migrations en Gold Coast, Niamey, IFAN, 103 p.
d. Notes on Migrations into the Gold Coast, Accra, Labour Department, 75 p.
1955 :
a. « A propos des films ethnographiques », Positif, Paris, pp. 144-149.
b. Catalogue des films ethnographiques français (ouvrage collectif), Paris, Cahiers du centre de documentation, UNESCO, 70 p.
1956-1957
Jean Rouch est nommé secrétaire général du Comité international du film ethnographique et sociologique (Musée de l’Homme) organisme qui regroupe les différents Comités du film ethnographique et quelques mois plus tard il fonde, à Venise, le Comité International du Cinéma et de la Télévision (CICT) avec Roberto Rossellini. Ensemble, ils organisent un atelier collectif de création où se retrouvent les futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague. À partir de novembre 1956, Rouch réalise durant sept mois une mission d’étude approfondie des migrations en Côte d’Ivoire, notamment en milieu urbain à Abidjan. Il prépare, en liaison avec les services statistiques de ce pays et de ceux du Ghana, une enquête comparative sur les migrations. Une seconde mission est organisée d’août à novembre 1957, depuis le Niger jusqu’en Côte d’Ivoire en passant par la Haute-Volta (Burkina Faso).
Film(s) :
Moro naba (Haute-Volta).
Publications :
1956
a. Migrations au Ghana, Gold Coast, enquêtes 1953-1955, Société des Africanistes, Paris, p. 173.
1957 :
a. Rapport sur les migrations nigériennes vers la basse Côte d’Ivoire, Niamey, IFAN, 44 p.
b. « Notes sur les prostituées “Toutou” de Treichville et d’Adjamé » (en collaboration avec Edmond Bernus), Etudes Eburnéennes, n° 5, Abidjan, pp. 231-242.
1958
L’étude sur les migrations en Afrique occidentale, financée par le CCTA/CSA, se poursuit de janvier à décembre, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, en Haute-Volta et au Niger. Profitant de son séjour dans ce dernier pays, Jean Rouch commence de nouvelles enquêtes sur les chasseurs Gow de Yatakala et tourne les premières images de La chasse au lion à l’arc. Il participe à Bruxelles au colloque : Le cinéma et l’Afrique .
Film(s) :
Moi, un noir, Prix Louis Delluc en 1959 (sortie le 12 mars 1960). La première projection du film à Abidjan fut censurée par une coupe de 20 minutes, mais le tirage d’une nouvelle copie rétablit l’intégralité du film qui rencontra un succès international très important.
Publications :
a. « Contribution à l’étude du site rupestre de Tessalit », Notes Africaines, n°79, Dakar, IFAN, pp. 72-77.
b. « Les “marchés des voleurs” d’Abidjan » (en collaboration avec Ed. Bernus), Mental disorder and mental health meeting, Rwanda, CCTA Bukavu, 7 p.
c. « L’Africain devant le film ethnographique », Le cinéma et l’Afrique au sud du Sahara, Bruxelles, pp. 92-94.
1959-1960
De janvier à août, il termine ses recherches de terrain en Côte d’Ivoire et  prépare à Abidjan, en liaison avec les services de la Statistique, leur dépouillement. Il fonde avec E. Fulchinioni le Festival du film des peuples de Florence. En janvier 1960, Jean Rouch est nommé à la direction scientifique du centre IFAN (Institut Fondamental d'Afrique Noire) de Niamey (Niger) et commence une enquête sur la pêche dans le fleuve Niger. En Côte d’Ivoire, il met un terme à l’exploitation des enquêtes sur les migrations. Il est nommé maître de recherches au CNRS .
Film(s) :
1959 : La pyramide humaine (Côte d’Ivoire) (sortie le 19 avril 1961).
1960 : Chronique d’un été (France),  co-réalisé avec Edgar Morin (Prix de la Critique au Festival de Cannes, Prix à Venise et à Mannheim en 1961).
Il collabore avec Roger Morillère au film de Claude Jutra, Niger, jeune république (Niger).
Publications :
1959 :
a. « Découverte de l’Afrique », Explorations, Paris, Livre de Paris, Fasquelle, pp. 15-88.
1960 :
a. La religion et la magie Songhay, Paris, P.U.F., 325 p.
b. Projet de création d’un centre de films africains, Niamey, IFAN, 14 p.
c. « Problèmes relatifs à l’étude des migrations traditionnelles et des migrations actuelles en Afrique occidentale », Bulletin de l’IFAN, tome XXII, Dakar, pp. 369-378.

1959-1960
De janvier à août, il termine ses recherches de terrain en Côte d’Ivoire et  prépare à Abidjan, en liaison avec les services de la Statistique, leur dépouillement. Il fonde avec E. Fulchinioni le Festival du film des peuples de Florence. En janvier 1960, Jean Rouch est nommé à la direction scientifique du centre IFAN (Institut Fondamental d'Afrique Noire) de Niamey (Niger) et commence une enquête sur la pêche dans le fleuve Niger. En Côte d’Ivoire, il met un terme à l’exploitation des enquêtes sur les migrations. Il est nommé maître de recherches au CNRS .
Film(s) :
1959 : La pyramide humaine (Côte d’Ivoire) (sortie le 19 avril 1961).
1960 : Chronique d’un été (France),  co-réalisé avec Edgar Morin (Prix de la Critique au Festival de Cannes, Prix à Venise et à Mannheim en 1961).
Il collabore avec Roger Morillère au film de Claude Jutra, Niger, jeune république (Niger).
Publications :
1959 :
a. « Découverte de l’Afrique », Explorations, Paris, Livre de Paris, Fasquelle, pp. 15-88.
1960 :
a. La religion et la magie Songhay, Paris, P.U.F., 325 p.
b. Projet de création d’un centre de films africains, Niamey, IFAN, 14 p.
c. « Problèmes relatifs à l’étude des migrations traditionnelles et des migrations actuelles en Afrique occidentale », Bulletin de l’IFAN, tome XXII, Dakar, pp. 369-378.

1961-1962
À Niamey, Rouch organise le colloque CCTA/CSA sur les migrations et met au point un plan triennal de recherches en sciences humaines pour l’Institut Fondamental d’Afrique Noire au Niger. Il participe au colloque sur l’urbanisme à Abidjan et entreprend une recherche multidisciplinaire sur la communauté “harriste” de Bregbo. Il est invité à Montréal pour y donner des cours sur le cinéma ethnographique et participe à Accra au premier Congrès international des africanistes et poursuit le tournage du film La chasse au lion à l’arc (Niger).
Film(s) :
1962 : Abidjan, port de pêche (Côte d’Ivoire) ; Le palmier à huile (Côte d’Ivoire); Le cocotier (Côte d’Ivoire); La punition (France).
Publications :
1961 :
a. « Second generation migrants in Ghana and the Ivory Coast », IAI special studies, Londres, pp. 300-304.
b. « Restes anciens et gravures rupestres d’Aribinda », Etudes Voltaïques, Ouagadougou, pp. 61-69.
c. Migrations en Afrique Occidentale, premier rapport de l’enquête “migration”, Colloque de Niamey, CCTA/CSA, Londres, 85 p.
d. Situation et tendances actuelles du cinéma africain, UNESCO, Paris, 36 p.
1962 :
a. Musée et moyens audio-visuels, Colloque ICOM, Neuchâtel, Suisse, 6 p.
b. Enregistrement sonore des traditions orales, Congrès international des  africanistes, Accra, 7 p.
c. « Le cinéma de l’avenir ? », dans Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin, Domaine Cinéma 1, Paris, Inter Spectacles, pp. 44-52.
1963-1964
Au Niger, l’ethnographe continue ses enquêtes sur les chasseurs Gow et dirige des missions de recherches sur l’archéologie et l’histoire de la vallée du Niger. En Côte d’Ivoire, J. Rouch reprend ses enquêtes sur Bregbo et sur l’évolution du harrisme. Il est membre du jury du Festival de Venise.
Au Nigéria, en 1964, il prend part aux travaux du Congrès des africanistes et au Conseil de l’International African Institut (IAI). Il dirige avec Gilbert Rouget (ethnomusicologue) le laboratoire audio-visuel de la Ve section de l’EPHE, créé à l’initiative de Germaine Dieterlen et de Claude Lévi-Strauss.
Film(s) :
1963 : Monsieur Albert, prophète (Côte d’Ivoire) ; Le mil (Niger) ; Sakpata en co-réalisation avec G. Rouget (Dahomey) ; Rose et Landry (Côte d’Ivoire), co-réalisé avec M. Brault (Prix San Giorgio de la Biennale internationale du cinéma de Venise).
1964 : L’Afrique et la recherche scientifique (Niger et Côte d’Ivoire) ; Gare du Nord (France), sketch du film Paris, vu par (autres sketches par C. Chabrol, J. J.-L. Godard, J.-D. Pollet et E. Rohmer) (sortie le 20 octobre 1965) ; Les veuves de quinze ans (France).
Publications :
1963 :
a. « Introduction à l’étude de la communauté de Bregbo », Journal de la Société des Africanistes, tome XXXIII, n° ? , Paris, pp. 129-203.
b. Préface aux Malettes cinématographiques sur l’Afrique, Paris, Courrier de l’UNESCO, 5 p.
1964 :
a. Nouvelles techniques cinématographiques et cinéma d’enquêtes, Venise, Fondation Cini, 10 p.
1965-1966
Jean Rouch inaugure et organise le nouveau centre de recherches en sciences humaines de Niamey. Il poursuit les enquêtes sur les pêcheurs Sorko. Il développe de nouvelles recherches interdisciplinaires sur le harrisme de la communauté de Bregbo (Côte d’Ivoire). Il se rend au Brésil pour participer au jury du Festival international du film de Rio de Janeiro.
En 1966, il reprend ses recherches sur la religion et la possession chez les Songhay, qu’il complète par une tentative de portrait filmé du génie du tonnerre Dongo. Au Mali, il participe au Colloque de Bamako sur les alphabets linguistiques et à Sanga, en pays dogon, il prépare, en collaboration avec Germaine Dieterlen, le tournage des sept années des cérémonies soixantenaires du Sigui (1967-1973). Il est nommé directeur de recherches au CNRS.
Film(s) :
1965 : La chasse au lion à l’arc (Niger), Lion d'Or à la XXVI ème Mostra Internationale d’Art Cinématographique de Venise en 1965 ; La Goumbé des jeunes noceurs (Côte d’Ivoire) ; Fêtes de novembre à Bregbo (Côte d’Ivoire) ; Dongo (Niger).
1966 : Batteries Dogon, éléments pour une études des rythmes (Mali) (tourné avec la collaboration scientifique de G. Dieterlen et G. Rouget) ; Koli Koli (Niger) ; Dongo yenendi, Gamkale (Niger) ; Dongo horendi (Niger) ; Sigui 66 année zéro (Mali).
Publications :
1965 :
a. « Textes rituels Songhay », Textes sacrés d’Afrique Noire, choix et présentation de G. Dieterlen, Paris, Gallimard, pp. 44-56.
b. « Cantiques Harris », ibid., pp. 98-106.
1966 :
a. Catalogue de 100 films d’intérêt ethnographique – Analyse minutée de 100 films ethnographiques non français, en collaboration avec Monique Gessain et Monique Salzmann, Paris, Editions du CNRS.
b. Les problèmes sonores du film ethnographique, contribution au Colloque de Budapest sur la “colonne sonore” dans le cinéma d’aujourd'hui, Paris, UNESCO, 25 p.
c. « Le cinéma d’inspiration africaine », Fonction et signification de l’art négro-africain dans la vie du peuple et pour le peuple, Colloque de Dakar, 30 mars-8 avril 1966.
d. « Anthropologie et impérialisme », Les Temps Modernes, n°193-194, pp. 299-300. 
1967-1968
Jean Rouch organise à Sydney en Australie le Premier Séminaire international sur le cinéma dans le Pacifique. Il continue dans les falaises de Bandiagara, au Mali, le tournage des cérémonies soixantenaires du Sigui. Cette série de films présente, d’une part, « l’invention de la mort et de la parole » chez les Dogon, poursuit, d’autre part, les travaux de M. Griaule sur le Sigui, (auquel ce dernier n’a pas assisté, le précédent cycle datant de 1907), et enfin constitue les premiers pas d’un projet d’études cinématographiques à réaliser sur plusieurs générations d’acteurs et d’ethnologues-cinéastes (de 1967 à 2027, date du prochain Sigui). En mars 1968, il soutient activement son ami Henri Langlois évincé de la présidence de la Cinémathèque française par André Malraux, alors ministre de la culture.
Film(s) :
1967 : Sigui : l’enclume de Yougo (Mali) ; Faran Maka Fonda (Niger) ; Daouda Sorko (Niger).
1968 : Yenendi de Gangel (Niger) ; Sigui : les danseurs de Tyogou (Mali) ; Un lion nommé l’américain (Niger).
Publications :
1967 :
a. « Situation et tendances du cinéma en Afrique », Premier catalogue sélectif international de films ethnographiques sur l’Afrique noire, Paris, UNESCO, pp. 374-408 [La préface de cet ouvrage est également de Jean Rouch, pp. 20-29].
1968 :
a. « Le film ethnographique », Ethnologie générale, Paris, Collection La Pléiade, Gallimard, pp. 429-471.
1969-1970
À la fin des évènements de Mai 68, Jean Rouch débute un enseignement de cinéma anthropologique et documentaire à l’Université Paris X – Nanterre et quelques années plus tard, cet enseignement, hebdomadaire, sera dispensé à la Cinémathèque Française, sous le nom de « Séminaire Nanterre-Chaillot ». Les cours sont assurés par J. Rouch en collaboration avec Enrico Fulchignoni et Henri Langlois, président de la Cinémathèque française. En 1970, à Venise, avec Enrico Fulchignoni et Georges-Henri Rivière, il fonde Venezia Genti manifestation internationale consacrée au documentaire ethnographique et à la communication sociale.
Film(s) :
1969 : Sigui : la caverne de Bongo (Mali).
1970 : Petit à petit (Niger et France) ; Yenendi de Yantala (Niger) ; Sigui : les clameurs d’Amani (Mali) ; Yenendi de Simiri (ou Sécheresse à Simiri) (Niger).
Publications :
1969 : a. Utilisation des techniques audio-visuelles pour la collecte et l’étude des traditions orales en Afrique, Colloque UNESCO, Porto-Novo, 24 p

1969-1970
À la fin des évènements de Mai 68, Jean Rouch débute un enseignement de cinéma anthropologique et documentaire à l’Université Paris X – Nanterre et quelques années plus tard, cet enseignement, hebdomadaire, sera dispensé à la Cinémathèque Française, sous le nom de « Séminaire Nanterre-Chaillot ». Les cours sont assurés par J. Rouch en collaboration avec Enrico Fulchignoni et Henri Langlois, président de la Cinémathèque française. En 1970, à Venise, avec Enrico Fulchignoni et Georges-Henri Rivière, il fonde Venezia Genti manifestation internationale consacrée au documentaire ethnographique et à la communication sociale.
Film(s) :
1969 : Sigui : la caverne de Bongo (Mali).
1970 : Petit à petit (Niger et France) ; Yenendi de Yantala (Niger) ; Sigui : les clameurs d’Amani (Mali) ; Yenendi de Simiri (ou Sécheresse à Simiri) (Niger).
Publications :
1969 :
a. Utilisation des techniques audio-visuelles pour la collecte et l’étude des traditions orales en Afrique, Colloque UNESCO, Porto-Novo, 24 p.

1971-1975
En 1971, Jean Rouch créé, à l’Université Paris X - Nanterre, la Formation de Recherches Cinématographiques (FRC), centre de recherches dont il est le premier directeur et à la tête duquel Claudine de France lui succédera en 1980.
La même année, il organise à Tokyo, en collaboration avec la BBC (Grande-Bretagne), la NHK (Japon) et la NTV (Japon), les Rencontres internationales Télévision et Société.
Il est nommé, en 1975, directeur de recherches de classe exceptionnelle du CNRS.
En collaboration avec Germaine Dieterlen et Youssouf Tata Cissé (ethnologue malien), il prépare le premier Colloque de la SCOA, qui se tiendra à Bamako, consacré aux traditions orales de l’histoire de l’empire du Mali et de la mythologie mandingue au Mali.
Film(s) :
1971 : Tourou et Bitti, les tambours d’avant (Niger) ; Sigui : la dune d’Idyeli (Mali) ; Architectes Ayorou (Niger).
1972 : Horendi (Niger) ; Funérailles à Bongo : le vieil Anaï (Mali) ; Sigui : les pagnes de Yamé (Mali) ; Tanda singui (Niger).
1973 : L’enterrement du Hogon (Mali) ; Funérailles de femmes à Bongo (Mali) ; VW Voyou (Niger) ; Foot girafe (Niger) ; Sigui : l’auvent de la circoncision (Mali) ; Hommage à Marcel Mauss : Taro Okamoto (Japon) ; Dongo hori (Niger).
1974 : Pam kuso kar (Niger) ; Dama d’Ambara : enchanter la mort (Mali) ; Cocorico, Monsieur Poulet ! (Niger).
Publications :
1971 :
a. « Cinq regards sur Dziga Vertov », préface à G. Sadoul, Dziga Vertov, Paris, éditions Champ Libre, pp. 11-14.
b. « L’ethnologie au service du rêve poétique », Le Devoir, journal du 18 septembre 1971, Montréal.
1972 :
a. « La chasse au lion à l’arc », Image et Son, n° 259, mars 1972.
1973 :
a. « Essais sur les avatars de la personne du possédé, du magicien, du sorcier, du cinéaste et de l’ethnographe », La notion de pensée en Afrique noire, Paris, Colloques internationaux du CNRS, 11-17 octobre 1971, Editions du CNRS, pp. 528­-544 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
1974 :
a. « The camera and the Man », Anthropology of Visual Communication, volume I, n°1, pp. 37-44.
1975 :
a. Histoire et tradition orale. 1ère année : l’Empire du Mali, coordonné par Jean Rouch,Premier Colloque international de Bamako, 27 janvier-1er février 1975, Actes du colloque, Paris, Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire (Projet Boucle du Niger), 200 p.
b. « Situation and tendancies of the cinema in Africa », Studies in the Anthropology of Visual Communication, volume II, n° 1, spring.
c. « En diable », Prophétisme et thérapeutique, Paris, éditions Hermann, pp. 11-26.
d. « Le calendrier mythique chez les Songhay-Zarma (Niger) », Systèmes de   pensée en Afrique Noire, cahier 1, Paris, pp.52-62 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
e. « Mettre en circulation des objets inquiétants », Nouvelle critique, n° 82, mars.
f. « Majorité du film ethnographique », Courrier du CNRS.
1976- 1980
Il créé, avec Georges-Albert Astre, historien du cinéma, en 1976, un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et un Doctorat de cinéma anthropologique à l’Université Paris X - Nanterre. L’année suivante, ce nouveau cursus est dispensé, sous double habilitation, à l’Université Paris X - Nanterre et à celle de Paris I - Sorbonne.
Il contribue à l’organisation du second Colloque de la SCOA de Bamako dont les travaux portent sur l’étude de l’empire Songhay et de la mythologie des pêcheurs Sorko. Jean Rouch participe à la création en 1977 du premier festival du film documentaire, Cinéma du Réel, au Centre Georges Pompidou. Il organise, la même année, à Niamey, le troisième Colloque de la SCOA, qui fait suite aux travaux de l’année précédente. À la demande du gouvernement du Mozambique et de l’Ambassade de France Jean Rouch organise avec Jacques d’Arthuys des ateliers Super 8 au de juin à septembre 1978. Il propose que les mozambicains filment eux-mêmes afin de témoigner de leur propre réalité. Après cette expérience, seront créés, en 1981, les Ateliers VARAN à Paris. Un hommage lui est rendu, en 1979, au Centre Georges Pompidou, suivi par une présentation intégrale de son œuvre dans 46 pays. Durant l’année 1980, il reçoit la médaille d’or des Rencontres internationales « Sciences des connexions » et devient Docteur honoris causa de l’Université de Leyde (Hollande).
Film(s) :
1976 : Médecines et médecins (Niger) ; Babatu, les trois conseils (Niger) ; Faba tondi (Niger).
1977 : Hommage à Marcel Mauss : Paul Lévy (France) ; Hommage à Marcel Mauss : Germaine Dieterlen (Mali) ; Griot badye en co-réalisation avec Inoussa Ousseini (Niger) ; Makwayela en co-réalisation avec Jacques d’Arthuys (Mozambique) ; La mosquée du chah à Ispahan (Iran) ; Ciné-portrait de Margaret Mead (USA).
1978 : Funérailles à Bongo du vieil Anaï (Mali).
1980 : Captain Mori (Japon) ; Ciné mafia (Pays-Bas).
Publications :
1976 : « Sacrifice et transfert des âmes chez les Songhay du Niger », Systèmes de Pensée en Afrique Noire,  cahier 2, Paris, pp.55-64 (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
1977 : a. Histoire et tradition orale. Projet Boucle du Niger. 2e année : l’Empire du Mali, l’Empire du Ghana, l’empire du Songhay, coordonné par Jean Rouch,Deuxième Colloque international de Bamako, 16 février-22 février 1976, Actes du colloque de Bamako, Paris, Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, 328 p.
1978 :
a. « Le Renard fou et le Maître pâle », Système de signes, textes réunis en hommage à Germaine Dieterlen, Paris, éditions Hermann, pp. 3-28.
b. « La caméra et les hommes », Pour une anthropologie visuelle,  textes réunis sous la direction de Claudine de France (préface J. Rouch), Cahiers de l’Homme, Paris- La Haye, éditions Mouton, pp. 53-71.
c. « Une confrontation unique : histoire des Yanomami et du cinéma », Le photographe, n°3, mars.
d. « A proposito di “Les funérailles du vieil Anaï” », Filmcritica, n°298, septembre.
1980 :a. Histoire et tradition orale. Projet Boucle du Niger. 3e  année : l’Empire du Mali, l’Empire du Ghana, l’empire du Songhay, coordonné par Jean Rouch,Troisième Colloque international de l’Association SCOA, Actes du colloque de Niamey, 30 novembre-6 décembre 1977, Paris, Association SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, 258 p
1981-1985
Jean Rouch est nommé à partir de 1981, et pendant cinq ans, « visiting professor » à l’Université de Harvard. À Niamey, il contribue au Séminaire de recherches sur les traditions orales Songhay et Sorko du Niger. Le ministère des Affaires Étrangères français organise une rétrospective « Jean Rouch » qui est diffusée dans les centres culturels français à l’étranger. Jean Rouch fonde, en 1982, au musée de l’Homme, le festival Bilan du film ethnographique . Il est élu, un an plus tard, vice-président du Conseil international du cinéma et de la télévision (CICT, UNESCO). En 1984, il organise le Colloque UNESCO « Cinéma et tradition orale » et un atelier de cinéma direct à Louksor en Egypte.
Film(s) :
1981 : Sigui synthèse,en co-réalisation avec Germaine Dieterlen (Mali) ; Ciné-portrait de Raymond Depardon (France).
1983 : Hassan Fathi (Egypte), première partie (seconde partie non montée).
1984 : Dionysos (France).
Publications :
1981 :
a. « Cinémappemonde », Le Monde, journal du 9 avril.
b. « Cinema ed Ethnografia », Filmcritica, n° 313, mars-avril 1981.
1982 :
a. « Le temps de l’anthropologie visuelle », Film échange, n°18, printemps.
1983 :
a. Le mythe de Dongo, en collaboration avec Damouré Zika et Diouldé Laya, Niamey, Editions du CELHTO, 35 p. (repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997).
b. Rapport du moyen Niger avec le Ghana, coordonné par Jean Rouch, Premier séminaireinternational de l’Association SCOA, Actes du séminaire de Niamey, 14-21 janvier 1981, Paris, Association SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, 298 p.
1984 :
a. Le temps de l’anthropologie visuelle, ronéotypé, 3 p.
1986-1990
Il créé, à Paris, les Rencontres internationales Regards comparés au Carrefour international de la communication de 1986. L'année suivante, il est élu au poste de président de la Cinémathèque française, qu’il occupe pendant trois ans. À Niamey (Niger), en 1987, est organisée une rétrospective de son œuvre cinématographique. Jean Rouch reçoit le Grand Prix Omega d’Anthropologie visuelle au Festival des Peuples de Florence de 1988. Il est aussi Lauréat du Grand Prix Florence Gould, décerné par l’Institut de France. Il est fait Docteur honoris causa de l’Université San Marcos de Lima et de l’Université de Californie du sud. Il est réélu, en 1990, au poste de président de la Cinémathèque française.
Film(s) :
1986 : Enigma (Italie).
1987 : Folie ordinaire d’une fille de Cham (France) ; Bateau givre (épisode de Brise glace) (Finlande).
1988 : Bac ou mariage (Sénégal) ; Couleur du temps : Berlin août 1945 (Allemagne Fédérale).
1989 : Promenade inspirée (France).
1990 : Liberté, égalité, fraternité et puis après… (France) ; Le beau navire (France).
Publications:
1987 :
a. Filmer chez les Dogon. Trois générations d'anthropologie visuelle, Paris, Archives du CIFES.
1988 :
a. « Our Totemic Ancestors and Crazed masters », Cinematographic Theory and New Dimensions in Ethnographic Film (édité par Paul Hockings et Yasuhiro Omori), Senri Ethnological Studies n° 24, Osaka, National Museum of Ethnology, pp. 225-238.
b. « L’œil mécanique », Gradhiva, n°4, pp. 57-61.
1989 :
a. La religion et la magie songhay, Bruxelles, 2ème éd. revue et augmentée, Editions de l’Université de Bruxelles, 377 p.
b. Pour une anthropologie enthousiaste. Titres d’honneur pour Marcel Griaule, Paris.
c. « Le vrai et le faux », Traverse, n°47, novembre, pp. ? .
1990 :
a. Les “pères fondateurs“ du film ethnographique. Des “Ancêtres Totémiques” aux chercheurs de demain, Paris, Intermédia.
b. « Les cavaliers aux vautours, Les conquêtes Zerma dans le Gurunsi, 1856-1900 », Journal de la Société des Africanistes, tome LX, volume 2, Paris, pp. 5-36 (texte rédigé en 1956 et complété en 1990, repris dans Les hommes et les dieux du fleuve, 1997, avec une postface originale au texte de 1990).

1991-2004 ...
Jean Rouch reçoit (1991) l’Award de l’American Anthropological Association.
Un an plus tard, une rétrospective de ses films est organisée à la cinémathèque de Turin. En 1993, lui est décerné le Prix de la Paix au Festival du film de Berlin pour le film Mme l’Eau, qui est sélectionné au Festival Margaret Mead à New-York. Du 12 juin au 31 juillet 1996, a lieu à la Galerie nationale du Jeu de Paume de Paris une rétrospective consacrée à son œuvre cinématographique. Une seconde rétrospective est organisée, à Paris, en avril 1999, par la Cinémathèque française. Jusqu’en février 2004, il poursuit ses multiples activités au sein du Comité du film ethnographique.

Film(s) :
1992 : Damouré Zika parle du sida (Niger).
1993 : Madame l’eau (Niger et Pays-Bas).
1996 : Une poignée de mains amies en coréalisation avec Manoel de Oliveira (Portugal) ; Moi fatigué debout, moi couché (Niger).
1997 : Faire-part Musée Henri Langlois - Cinémathèque Française (8 juillet 1997).
1998 : Le premier matin du monde (Mali).
2002 : Le rêve plus fort que la mort en coréalisation avec Bernard Surugue (Niger, France)
Publications :
1991 :
a. « Les mille et une nuits d’Henry Langlois », préface du Catalogue du Musée Langlois, Paris.
1994 :
a. « L’imagination au pouvoir ! », préface du livre Le roi d’Afrique de Jean-Yves Loude, Arles, éditions Actes Sud, pp. 9-15.
1997 :

a. Les hommes et les dieux du fleuve. Essai ethnographique sur les populations Songhay du moyen Niger, 1941-1983, préface de Marc-Henri Piault, Paris, Collection Regard d’ethnographe, Editions Artcom’, 288 p. [recueil de textes ethnographiques concernant les Songhay publiés entre 1941 et 1983].
© Comité du film Ethnographique