Communiqué de presse
Rencontres narrativités singulières
Rétrospective : 30 ans 30 films
Séances spéciales films ethnographiques CNRS / CFE
Soirée de clôture / Projections films primés
Hors les murs
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Soirée de clôture 25 novembre 2011

SCAM - Société civile des auteurs multimedia
5 avenue Vélasquez
75008 Paris

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Jean Rouch : Naturalisé Dogon
Sortir des « Ponts » en 1940 et avoir pour première tâche de détruire ce que l’on vient de vous apprendre à construire donne aussitôt à Jean Rouch un regard critique sur l’usage du savoir qui devait assurer son gagne-pain.
Son avenir d’ingénieur saute en même temps que les ponts sur la Loire.
La guerre, puis l’après : construire moins destructible, doit agiter Jean Rouch. Ce sera l’Ethnologie avec Griaule et presque tout de suite la caméra.
Marcel Griaule lui a ouvert la porte de la demeure Dogon, il ne la quittera plus au point d’y fixer sa mobile caméra pendant des décennies. Une passion ! Partagée par les Dogons qui l’honoreront d’un « Dama » cérémonie funéraire réservée aux notables tout comme pour Germaine Dieterlen, sa complice en Dogon.
Alentour la falaise de Bandiagara, refuge Dogon depuis le XVè siècle, qui avait déjà fasciné en 1931 le Michel Leiris de « l’Afrique fantôme ». Il y a l’Afrique, qui pour Jean Rouch, n’est pas fantôme.
« Cocorico, Monsieur Poulet ! » s’exclamera-t-il pour filmer l’Afrique vivante, dont il aime l’humour, la cocasserie, l’inattendu.
Il en sera le chroniqueur, comme il le fut de la France en l’été 1960, constant, minutieux, mais cet amoureux de l’Afrique ne quittera jamais les Dogons. Son savoir d’ingénieur fera de lui l’historien du « Sigui ».
Pendant six ans, durée du cycle de ce rituel célébré tous les 60 ans, il filmera les Dogons : leur mythologie, leur cosmogonie, leur culture, leur quotidien, leur sagesse.
L’ingénieur construit enfin de l’indestructible. Il est devenu cinéaste de la mémoire de l’Afrique, celle des Dogons surtout. Cette mémoire vivante, que Jean Rouch nous lègue, il a décidé d’en faire profiter les Dogons.
En effet, Jean partage à parts égales ses droits d’auteurs avec ceux qu’il a tant filmés.
Jean est mort en Afrique en 2004, les Dogons bénéficieront de sa généreuse pratique jusqu’en 2074. Le prochain « Sigui » se tiendra en 2027, le suivant en 2087, d’autres cinéastes de la Mémoire Dogon emprunteront la voie ouverte par Jean Rouch, cinéaste Français naturalisé Dogon ; une identité en somme.
Guy Seligmann
SCAM
Jean Rouch, Pierre-André Boutang : Rencontre d’exception Vendredi 25 novembre - 20h30
Soirée organisée par la SCAM et le Comité du film ethnographique en hommage à Jean Rouch, fondateur du festival.
Jean Rouch raconte à Pierre-André Boutang
Pierre-André Boutang (France)
2004, France, 104 minutes (extraits)
Un après-midi, sur les marches de l’escalier dans le bureau du Comité du film, Jean Rouch se raconte face à la caméra de son ami.
Première question.
Pierre-André Boutang : Est-ce que c’est imbécile de filmer Jean Rouch immobile ?
Jean Rouch : Oh ! C’est pas bête, c’est un peu provocateur, mais enfin cela aura peut-être des effets.
Vers la fin du film.
PAB : Je prends des qualificatifs dans tous les articles que j’ai pu lire. Jean Rouch délirant ?
JR : Ben, c’est sûr.
PAB : Jean Rouch foisonnant ?
JR : Oui, parce que j’ai fait trop de choses à la fois, oui.
PAB : Jean Rouch inclassable ?
JR : Oui, parce que je suis pour les ethnographes cinéaste et les cinéastes ethnographe, c’est une belle façon de me mettre dehors des deux côtés.
PAB : Jean Rouch rempli de contradictions ou noyé dans les contradictions ?
JR : Noyé, non, mais rempli de contradictions. Je crois que ce sont les contradictions qui font avancer, de rester toujours son âge et prêt à vivre. Tu vois, à basculer dans l’éternité.
PAB : Jean Rouch confus ?
JR : Oh ! Ça c’est sûr. Je suis très souvent en face de moi. Quand je vois un de mes films, je me dis qu’est-ce que j’allais chercher ? Puis, un moment donné, ça arrive, quelquefois cela se rattrape par le bout des oreilles et quelques fois, ça se voit que cela se rattrape par le bout des oreilles et alors confusion, peut mieux faire, je rajouterais. Confus, mais peut mieux faire.
PAB : Poète ou ethnologue ?
JR : Les deux, la poésie et l’ethnographie pour moi, c’est pareil. La poésie est un moyen de connaissance et dans les choses que j’étudie, c’est vraiment ce qu’étudiaient les surréalistes, la possession d’ailleurs, Éluard et Breton se livraient à cette expérience avec Crevel, le rêve éveillé.
PAB : Jean Rouch sérieux ou pas sérieux ?
JR : Les deux, très sérieux dans son manque de sérieux.

La projection sera suivie d’une discussion avec Françoise Foucault, Marceline Loridan-Ivens, Christophe Boutang et Guy Seligmann pour mener l’amicale discussion.

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Projection des films primés au Festival International Jean Rouch, 30e Bilan du film ethnographique
25 & 26 NOVEMBRE 2011
Muséum national d'Histoire naturelle
Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution, 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris
métro : Censier-Daubenton, Jussieu, Gare d’Austerlitz.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (120 places)
C’est une longue histoire que celle qui unit le musée de l’Homme et le Comité du film ethnographique.
Une histoire d’hommes, et de femmes, tout d’abord : les fondateurs du Comité, pour une grande part, travaillaient au musée de l’Homme ou le fréquentaient assidûment.
Une histoire de murs également, car c’est dans la salle de cinéma du Musée qu’a pris corps et que s’est développé le festival voici déjà près de trente ans. La cabine de projection, antre de Jean Rouch, les grands escaliers qu’ont grimpés et descendus si souvent les « festivaliers »… Le Comité du film ethnographique a largement contribué à créer cet « esprit des lieux » propre au musée de l’Homme.
Cette histoire continue, même si temporairement fermé pour rénovation, le Musée ne peut accueillir le Festival. L’anthropologie visuelle occupe une place centrale dans le projet scientifique et culturel du nouveau musée de l’Homme. Et la salle de cinéma, la bien-nommée salle Jean-Rouch, conservera la même implantation. Elle sera dotée des moyens les plus modernes de projection lors de la réouverture prévue à l’automne 2014.
Le musée de l’Homme salue le dynamisme de l’équipe du Comité, et apporte tout son soutien à l’édition 2011 du Bilan du film ethnographique.
Michel Van Praët
Directeur du projet de rénovation du musée de l’Homme
Vendredi 25 novembre 2011
14h00
La Revanche des chamanes
Russie, République de Touva - 48 minutes - vost français
réalisé par Laetitia Merli (France)
Prix MARIO RUSPOLI - Service du livre et de la lecture, Ministère de la Culture et de la Communication
15h00
Beijing Besieged by Waste
Chine - 75 minutes - vost anglais
réalisé par Wang Junliang (Chine)
Prix ANTHROPOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE - Sita-Suez Environnement

Samedi 26 novembre 2011
14h00
Maîtres de chant diphonique
Mongolie, France - 53 minutes - vost français
réalisé par Jean-François Castell (France)
Prix BARTOK - Société française d’ethnomusicologie
15h00
La Table aux chiens (Kathakali)
Inde - 40 minutes - vost français
réalisé par Cédric Martinelli, Julien Touati (France)
Prix du PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL - Mission à l’ethnologie, Ministère de la Culture et de la Communication
15h45
Summer Pasture
Chine, Tibet - 85 minutes - vost français
réalisé par Lynn True, Nelson Walker (Etats-Unis), Tsering Perlo (Chine)
Prix NANOOK - JEAN ROUCH - CNRS Images
Ces deux après-midi de projections s’inscrivent dans la continuité d’une longue et riche collaboration entre le musée de l’Homme, le Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité du film. C’est, en effet, dans la salle de cinéma du musée que, « le 23 décembre 1952, se réunissaient : Marc Allégret, Roger Caillois, Germaine Dieterlen, René Clément, Hubert Deschamps, Marcel Griaule, Pierre Ichac, Henri Langlois, Jean-Paul Lebeuf, André Leroi-Gourhan, Claude Lévi-Strauss, Edgar Morin, Léon Pâles, Alain Resnais, Georges-Henri Rivière, Georges Rouquier et Jean Rouch ». Ils considéraient qu'il était temps de rassembler des anthropologues et des cinéastes du monde entier afin de partager leurs expériences au moment où l'anthropologie s'interrogeait sur les aspects scientifiques de sa démarche et où le cinéma, compromis depuis la fin du muet par les impératifs de la production et de la distribution, se libérait enfin grâce au développement des techniques nouvelles. Quelques mois plus tard était fondé le Comité du film ethnographique, sous la présidence d'Henri Vallois (directeur du musée de1950 à 1960). Dans cette même salle du musée de l’Homme est organisé en mars 1982 le premier Bilan du film ethnographique, manifestation scientifique et cinématographique créée par Jean Rouch, qui s'inscrit dans la suite de l'important travail en cinéma documentaire mené dans cette institution depuis son ouverture en 1937. Dès cette époque le cinéma avait fait son entrée, par l'intermédiaire des travaux de Marcel Griaule en pays Dogon et des écrits de Marcel Mauss, comme l'un des outils de la recherche ethnographique.
Depuis la fermeture, en 2009, du musée pour des travaux de rénovation, le Comité du film poursuit ses activités au sein du Muséum national d’Histoire naturelle, avant de  reprendre le chemin de la salle Jean Rouch, sur la colline de Chaillot, pour de nouvelles aventures cinématographiques.
© Comité du film Ethnographique